La première semaine est une semaine consacrée à la montée en compétence : histoire et origine du génie logiciel, principes de l’agilité, méthode XP et scrum en quelques mots, cycles de vie des logiciel, etc. Beaucoup de théorie, très difficile à faire passer quand l’expérience de création de logiciel en équipe est encore jeune. Comment alors faire acquérir les bases et assimiler des principes ou réflexes intéressants (dans le sens : qui ont fait leur preuve) issus de l’expérience des autres ?

Le logo4scrum en est un moyen : il permet de simuler en accéléré la méthode Scrum sur quelques sprints.

Le but est que les participants, répartis en cinq groupes, construisent une ville en légo. Chaque groupe dispose d’une boite. Deux enseignants jouent le rôle de scrum master et de product owner. Le scrum master s’assure du bon déroulement des sprints et arbitre le ‘jeu’. Au passage, il indique, en tant que formateur, les correspondances avec le développement logiciel. Le product owner présente les éléments qui composent sa ville, qui correspondent aux fonctionnalités. Pour la première présentation, il essaie de ne pas rentrer trop dans le détail. Une première phase de discussion sur le ‘cahier des charges’ est engagée et minutée. Le client doit se montrer coopératif, A l’issue de cette discussion, les ‘fonctionnalités’ déjà valuées par le client sont estimées suivant leur difficulté de réalisation. On utilise pour cela un système de mesure de type (S/M/L/XL).

C’est à partir de ce moment que commencent les trois sprints : plannification (3 min) / construction (7 min) / rétrospective (5 min)

Au cours de la plannification, les fonctionnalités sont réparties sur tous les groupes à l’aide d’un tableau et de post-its.

Après la phase de construction, la phase de rétropective commence. Le client commente la première installation de sa ville. Après cette première rétro, le client apparaît souvent aux équipes comme étant trop exigeant et pas très collaboratif. Ils ont le sentiment d’avoir mal été renseignés sur ses exigences ! Pourtant, le client aura été disponible durant toute la phase de construction mais très peu de participants le solliciteront.

En aparté, je dois avouer que l’on ne se force pas du tout pour jouer ce rôle, cela vient très naturellement ! Le client sait ce qu’il veut ! Le plus difficile c’est de faire partager cette vision.

Ensuite, au fur et à mesure des sprints, la relation client s’améliore, la vision et la confiance entre le client et les membres de l’équipe changent. Le client devient aussi plus conciliant et l’équipe arrive à anticiper les demandes du client et prend confiance. Le stress de décevoir s’amenuise.

Au sein de l’équipe, il y a généralement moins de stress, car le tableau des sprints montre une avancée significative des constructions et ‘le reste à faire’ est bien identifié et partagé par l’équipe.

Chaque atelier lego4scrum se déroule de manière assez unique. Cela dépend essentiellement de la manière dont s’organise l’équipe et la capacité d’interaction entre le client et l’équipe. Du coup, les conclusions sont assez diverses.

Dans le cas de cette séance, ils ont voulu être très précis dans la récolte des données de cahier des charges pour se rendre compte au final que cela les ralentissait dans la progression de la construction du projet. Lors premier sprint, 3-4 membres réalisaient le tracé de la rivière ! Valeur ajoutée évaluée par le client : 0 !!!

Dès le deuxième sprint, ils ont pu réajuster leur organisation et avancer leur projet de manière significative. Le dernier point à améliorer était la cohésion intergroupe.